sans titre

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DEVADE Marc
(Paris, 1943 - Paris, 1983)

Membre du comité de rédaction de la revue Tel Quel, d’abord poète et étudiant en philosophie, Marc Devade se tourne vers la peinture en autodidacte, marqué par la peinture chinoise qu’il découvre en 1961. Très vite, il rejoint les membres de Supports/Surfaces et fonde avec eux la revue du groupe, Peinture, cahiers théoriques. Sa brève carrière– il meurt à quarante ans – s’est construite surune dizaine d’années, en trois grandes périodes : il réalise d’abord des oeuvres peintes à l’acrylique,caractérisées par une structure géométrique et unepeinture lisse sans aucune trace du geste. Il peint ensuite à l’encre, puis à l’huile, donnant à voir des ruptures nettes entre chacune des étapes de son

art.Réalisé durant la première phase de sa carrière, Sans titre fut exposé dans le cadre de « 100 artistesdans la ville » en 1970, manifestation qui se tient à Montpellier en plein air et dans différents espaces publics de la ville. C’est aussi en 1970 qu’a lieu lapremière exposition personnelle de Devade, à la galerie du Haut Pavé, à Paris. Le compagnonnage avec Marcelin Pleynet, membre de la rédactionde Tel Quel, amène l’artiste, dès ses premières oeuvres, en 1967, à regarder l’art minimal américain, que Pleynet est alors l’un des rares à défendre en France. Cette influence se ressent dans le découpage des formes visible sur cette oeuvre, proche également de la rythmique de Piet Mondrian.Mais chez Devade, la composition naît de dessins préparatoires, sur lesquels il marque des cotes et des dimensions précises, témoignages de l’anticipation intellectuelle qui précède son geste pictural. Dans un entretien avec Jacques Henric et Catherine Millet en juin 1981 (Artpress, no 49), il

décrit en ces termes la construction de ses toiles :« J’ai bien sûr transformé ou interprété cette forme que je me suis donnée comme point de départ ou comme matrice. De là vient cet ensemble de traits verticaux et horizontaux qui fibrent les couleurs. En réalité, dans le processus pictural, cette forme ou ces formes, ce dessin est second : je les trace à la règle une fois les couleurs non pas arrivées à terme mais au point de suspension au-delà duquel elles retourneraient au magma, au chaos d’où elles sortent. […] Le dessin fait le vide où s’illuminent les couleurs, qui du même geste produisent un forçage du cadre et du support, passent à travers. Le dessin n’est pas une méthode de la couleur pour la couleur mais la marque de son exode. » MMW

Numéro d'inventaire

97.2.1

Date

1969

Thème

  • Les couleurs
  • Abstraction