Châssis

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Châssis
BURAGLIO Pierre
(Charenton-le-Pont, 1939)

Formé à l’École nationale supérieure des beauxarts de Paris, qu’il intègre en 1959, Pierre Buraglio, qualifié de « peintre sans pinceau » par Pierre Wat, fut proche du mouvement Supports/Surfaces, sans pour autant en avoir fait partie. Travaillant à poétiser des matériaux banals et issus du quotidien, il réalise d’abord des oeuvres qui reposent sur l’assemblage de fragments d’objets de rebut, récupéréssur des chantiers ou chez ses amis peintres. Après avoir travaillé sur des séries – « Agrafages », « Camouflages » –, celui pour qui « la peinture s’édifie sur ses propres ruines » cesse de peindre entre 1968 et 1973 pour se consacrer à ses activités militantes. Châssis est réalisé l’année de son retour au métier de peintre : cette oeuvre témoigne d’une réflexion sur la notion de tableau et dévoile le support de la peinture traditionnelle, habituellement dissimulé, qui en devient la surface. Les fils de nylon tendus entre les différents angles intérieurs du châssis soulignent l’espace laissé à l’environnement du tableau. L’artiste

commente en ces termes l’ensemble des « Châssis » : « Ils se présentent avec une évidence muette. Sans commentaire. Ils sont là, comme celui qui concentre son attention sur eux, et leur peintre par la concomitance du produit proposé et de l’action fabricatrice. Celui qui regarde butera sur ces choses dont toute idée et intentions ont été éliminées ; qui s’objectivent

avec insistance. » Représenté, de même que Simon Hantaï, par la galerie de Jean Fournier à Paris, Buraglio est fortement influencé par l’artiste d’origine hongroise qu’il considère comme « le peintre le plus déterminant pour [sa] génération ». L’institution du « pliage comme méthode » par Hantaï, où l’oeuvre échappe en partie à son créateur, est décisive dans l’évolution du travail de Buraglio. Dans SH Monk II, ce dernier rend ainsi hommage à Simon Hantaï : le titre de l’oeuvre porte ses initiales. SH Monk II fut réalisé à partir d’une toile récupérée dans l’atelier de Hantaï, tissu

qui en protégeait le sol et sur lequel sont imprimés les traces de ses déplacements et les reliefs de ses productions. Sur la toile, tendue sur châssis, sont fixées des chutes de tôle émaillée, un matériau que Buraglio emploie fréquemment à cette période (Métro della Robbia, 1985 ; Padova, 1987, musée Fabre), positionnées de manière à rendre visible la structure du châssis sous-jacent. Cette oeuvre est également un travail sur les correspondances entre les couleurs et les sons, à une époque où le jazz résonne dans l’atelier de l’artiste : la référence à Thelonious Monk dans le titre traduit les recherches du peintre sur la synesthésie. MMW

Emplacement

- 48 - Salle Jean Fournier

Numéro d'inventaire

2015.14.1

Date

1974

Type d'oeuvre

Peinture

Dimensions

x H. 180.00 cm

Thème

  • Abstraction